LES BAROTRAUMATISMES
Baro signifie pression et traumatisme signifie anormal, douleur. Les barotraumatismes sont des accidents qui sont dus à la pression ou variation de pression. Les cavités internes de notre corps qui sont remplies naturellement de gaz, subissent les variations de pression au cours de la descente et de la remontée. Mais ces variations entraînent une variation de volume (loi de mariotte) qui ne se retrouve pas dans les autres parties de notre organisme, constituées de liquides ou de matières solides. Il est donc important que ces volumes puissent jouer librement afin d'éviter toute différence de pression entre l'intérieur de ces cavités et la pression ambiante. Si cette équipression n'est plus réalisée, il y a situation de traumatisme dont les symptômes et les effets varient selon la cavité considérée.
Pendant la descente, la pression augmente, et l'air emprisonné entre le masque et le visage se met en équipression avec la pression ambiante. La jupe du masque accompagne cette variation de volume jusqu'à sa limite d'élasticité. Ensuite, il y a un effet de succion sur les yeux.
Gêne et douleur vive sur les yeux.
Il faut souffler par le nez dans le masque au cours de la descente.
Collyre antiseptique et analgésique, pas de plongée pendant 1 ou 2 jours.
Les sinus sont des cavités de la face. Ces cavités sont tapissées d'une muqueuse sécrétant un fluide à forte teneur en eau et s'écoulant dans les fosses nasales par un canal très étroit : l'ostia. Cette eau serre à humidifier l'air que l'on respire. Si l'ostia est bloquée durant la descente, la muqueuse est aspirée jusqu'à son décollement (diminution du volume d'air emprisonné) et les capillaires (vaisseaux sanguins) se déchirent. Si l'ostia est bloquée durant la remontée, il y a écrasement de la muqueuse contre les parois du sinus (augmentation du volume d'air emprisonné).
Douleur sur la face et saignement du nez qui est toujours très impressionnant mais sans gravité.
Il faut stopper la remontée ou la descente, rincer les fausses nasales à l'eau et faire pénétrer l'eau dans le nez. Puis poursuivre ou stopper la plongée.
Il ne faut pas plonger avec une forte sinusite ou un rhume. Avant l'immersion, rincer les fosses nasales.
Les gaz (fermentation intestinale ou air ingéré durant la plongée dans l'estomac) peuvent être emprisonnés dans ces zones de l'individu et ne pas pouvoir assurer leur variation de volume durant la remontée.
Douleur, voir surpression de l'estomac.
Il faut stopper la remontée et évacuer l'excédent de gaz (péter sous l'eau n'est pas une chose facile...)
Il faut éviter les aliments générateurs de gaz intestinaux (haricots vers, flageolets...)
Les caries mal plombées peuvent laisser une petite cavité en communication avec l'intérieur de la bouche. L'air contenu dans la dent aura du mal à suivre les variations de la pression ambiante à la remontée.
Douleur, voir éclatement de la dent (très rare).
Il faut stopper la remontée et laisser le temps à l'air de s'évacuer.
Faire une inspection générale de ses dents auprès d'un dentiste connaissant ce phénomène (plongeur) avant toute saison.
Il existe deux types de traumatisme :
La trompe d'eustache est bouchée par des mucosités venant des fausses nasales ou la manœuvre d'équilibrage est mal faite ou trop tardivement.
Douleur, vertige et/ou nausées.
Il faut stopper la remontée ou la descente, se mettre à la profondeur où les symptômes disparaissent, puis rincer les fausses nasales avec l'eau (de mer). Puis réessayer. Il ne faut pas mettre de gouttes auriculaires. (en cas de déchirure du tympan). Ne pas plonger pendant 12 heures et consulter un ORL.
Il faut se rincer les fausses nasales avant l'immersion avec l'eau de mer. Il faut faire la manœuvre Valsalva ou B.T.V. (béance tubulaire volontaire) le plus souvent possible.
Si pour une raison quelconque (peur panique, contact de l'eau avec le larynx), la glotte subit une contraction et se bloque, l'air emprisonné ne peut accepter son volume et la pression ambiante. Si la personne remonte, l'augmentation du volume peut devenir suffisamment importante pour entraîner une surpression pulmonaire (déchirement des poumons). Dans un premier temps il y aura une distension des alvéoles pulmonaires, puis rupture des alvéoles et déchirure des poumons.
Douleur (distension), douleur vive et brève (déchirure). Toux, crachat de sang, difficulté à se ventiler, arrêt ventilatoire Air sous la peau au niveau du cou et des épaules (emphysème sous-cutané) Perte de sensibilité, motricité droite ou gauche Arrêt cardiaque, mort.
Prévenir les secours, administrer les soins de première urgence (bouche à bouche, massage cardiaque) Il faut administrer de l'oxygène, pas d'aspirine et surtout pas d'immersion
Ne jamais bloquer sa respiration en plongée, expirer à la remontée, laisser libre le passage de l'air.
[généralités] [placage de masque] [sinus] [estomac/intestins] [dents] [oreille] [surpression pulmonaire] |