LE VILLE DE GRASSE

 Réalisé avec l'ouvrage : Portraits d'épaves, éditions Océans, de JP Joncheray & U Brunner

Profondeur : - 49 m à la partie principale (l'arrière), - 50 m au fragment avant. Le sommet a - 44 m.

Coordonnées : 43° 00' 70'' nord ; 06° 08' 49'' est. A 600 m au sud, sud-ouest du phare du Grand Ribaud, à l'entrée de la petite passe de Porquerolles, non loin, au large du Michel C (100 m).

Description : vapeur en fer, à roues. Machine à vapeur de 70 ch.

[photos du Ville de Grasse]

Difficultés : la profondeur et un courant parfois important et des fonds qui tombent vite si on s'éloigne, entre les roches, vers l'ouest. L'eau est claire. Attention aux bateaux qui empruntent la passe.

 

La plongée

En réalité, il y a deux plongée à faire : l'une sur un petit tronçon très décevant, l'autre sur la partie principale, la plus connue.

Le vapeur est réduit à sa plus simple expression : deux roues à aubes entières avec quelques filets, entourent une machine préhistorique. Les flancs du navire dépassent encore du sable, très dégradés.

L'embiellage est énorme, et du plus grand intérêt pour qui voudrait tenter une étude d'archéologie navale. La chaudière et la machine marquent la limite de la cassure de la coque. La cheminée a disparu, de même que le pont et les superstructures. Les dimensions de l'épave sont modestes : une vingtaine de mètres de long seulement.

 

Histoire du Ville de Grasse

Lancé en 1848 au chantier de la Seyne, ce petit bateau mixte appartenant à la Sté Grasse-Cannes, effectuait régulièrement des voyages entre Marseille et Nice, par Cannes. Il coula après 3 ans de trafic seulement.

 

Naufrage du Ville de Grasse

Le 15 décembre 1851, sous la Seconde République, le vapeur quitte Marseille avec 54 passagers, un chargement de marchandises diverses mais de valeur et, on en parlera longtemps, des pièces d'or en sacs scellés. Le commandant se nomme Gazan.

Le 16, à 3 heures, il rencontre, dans la petite passe, un autre navire à roues à aubes, la Ville de Marseille, de la Cie marseillaise André et Abeille, commandant Combes. Dans la nuit, l'étrave de la Ville de Marseille s'enfonce avec force dans la Ville de Grasse, qu'elle coupe quesqu'en deux. La pluie tombe, il fait sombre, les embarcations sont mises à l'eau tant bien que mal. La Ville de Grasse coule. La Ville de Marseille recueille quelques naufragés et gagne rapidement Toulon. Les vapeurs Nantes et Bordeaux, sur les lieux aussi, sauvent quelques autres passagers. Il y a entre 10 et 15 victimes et les marchandises transportées sont perdues : soies, tulle, denrées coloniales, huile. Le mystère des 30 000 ou 35 000 francs-or en sacs demeurera. Des scaphandriers s'en occupèrent, et récemment, pour couper court aux suppositions, la préfecture maritime remit, en février 1958, ce communiqué à la presse :

"Dans le cadre de l'entraînement normal des plongeurs de l'équipe d'intervention du Gers, une plongée a été faite le 5 février sur l'épave du transport Ville de Grasse, reposant vers 50 m de fond, devant l'île Ribaud.
La position de l'épave est connue depuis longtemps, celle-ci a été atteinte sans difficulté au cours d'une plongée d'entraînement.
Seules restent visibles les machines et les carcasses métalliques de deux roues à aubes, et rien n'est récupérable à première vue.
Ces plongées n'ont pas pour objet de récupérer un trésor problématique. Pour les 1 754 louis d'or, l'affirmation ne repose sur aucun fondement."

 

 

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