LE TOGO

Réalisé avec l'ouvrage : Portraits d'épaves, éditions Océans, de JP Joncheray & U Brunner

 

Profondeur : - 55 m à l'arrière, - 47 m à la proue. Un autre tronçon, qui correspond à une faible portion de la poupe, repose à - 61 m.

Coordonnées : 43° 10' 14'' nord ; 06° 16' 26'' ouest. En rade de Cavalaire, à 500 mètres plein ouest de la pointe Dubreuil. (l'Espingole est à l'ouest de la pointe Andati).

 

Description : Cargo charbonnier de 78,5 m de long et 10,5 m de large, en acier, gréé en trois-mâts, avec une machine de 208 ch. Son équipage comprenait 22 à 28 hommes.

[photos du Togo]

Difficultés : la profondeur de l'épave, sinon l'épave est très bien protégée du courant et il y a une excellente visibilité.

 

La plongée

L'épave du Togo est une des plus belles de la côte. Elle soutient la comparaison avec celles du Rubis, du Donator, du Liban ou du Chaouen. Dans une eau limpide, le bateau repose droit sur sa quille, amputé de son quart arrière.

La proue, orientée vers la côte, est impeccable, grosse ancres à jas à poste, grue de capon en état. Le pont en bois a disparu. Un peuplement dense de gorgones a envahi les vestiges. On arrive à distinguer la décoration de l'étrave, sorte de moustache, évocation des figures de proue de navires d'antan. Le sable, à 8 mètres plus bas, est clair et couvert de vestiges. Un treuil énorme demeure en place. On peut sans problème pénétrer dans le poste avant ou dans les cales gorgées d'anthracite.

Vers le centre du bâtiment, les superstructures sont réduites : mâts couchés, cloisons en bois mangées par la vie marine, cheminée détachée. La cuisine demeure particulièrement intéressante, avec ses deux fourneaux et ses ustensiles en fer soudés par la rouille. En avant, subsistent les vestiges de la roue, tandis que manches à air, capots, rampes ont basculé dans les fonds.

La salle des machines a une allure de cathédrale : plusieurs mètres de haut, des appareils propulseurs énormes, des grilles, des cloisons intactes, une lumière diffuse en provenance de ciel lointain.

A environ 60 mètres en arrière de l'étrave, le navire est coupé net. L'explosion qui l'a envoyé par le fond l'a partagé en deux ! La poupe et l'hélice sont à plusieurs centaines de mètres de la proue, complètement déformées !

Les murailles de Togo présentent une profusion d'énormes gorgones rouges, grenat, orange, noires, peuplées de minuscules castagnoles. Le spectacle est beau... trop beau, car il fait oublier la profondeur et le temps qui passe !

 

L'histoire du Togo

Lancé le 30 août 1882 au chantier Robert Thomson and Co, sous le nom de Ville de Valence, le cargo appartenait alors à la Cie Havraise Péninsulaire qui le destinait aux lignes d'Espagne. C'était le sister-ship de la Ville de Cadix, qui devait se perdre corps et biens au large du cap Saint-Vincent en novembre 1893.

Vers 1905-1906, il est vendu à Becchi et Calagno, Cie italienne de Savone, et devient Amor. En 1911-1912, il passe à la Sté Ilva, de Gênes, qui le rebaptise Togo. Du commerce des fruits, le Togo passe au charbon. Il traverse ainsi la guerre sans encombre jusqu'en mai 1918.

 

Naufrage du Togo

Le sous-marin UC 35 est basé en Adriatique. Ce mouilleur de mines rôde en Méditerranée. Bien que de construction allemande, avec un équipage allemand, il est immatriculé U75 autrichien... La baie de Cavalaire lui convient, il y largue quelques mines de 150 kg chacune.

Le 12 mai 1918, à 6 mois de la fin de la guerre, le Togo heurte une de ces mines et coule immédiatement. La mer n'était pas mauvaise et l'équipage venait de dîner. A l'âge de 36 ans, ce vieux cargo qui fut fabriqué par des Ecossais dans un chantier britannique pour un armement français qui le destinait aux lignes espagnoles, fut coulé sous pavillon italien, par un sous-marin allemand, immatriculé en Autriche...

En mai 1986, le Togo a fait l'objet d'une mission du navire océanographique Nadir, mission préparée par l'Ifremer qui utilisé la soucoupe Cyana pour la circonstance. Sous la direction de J. Roux, cette expédition faisait suite (toutes proportions gardées) à celle qui permit la découverte et l'observation du Titanic.

 

 

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