LE SPAHIS
Réalisé avec l'ouvrage : Portraits d'épaves, éditions Océans, de JP Joncheray & U Brunner
Profondeur
: de - 10 m à - 25 m.
Vers 10 m de fond, une grosse chaudière et des fragments.
Vers -23 m, une proue de vapeur et d'autres débris
encore plus nombreux.
Coordonnées : 43° 06' 42'' N, 06° 24' 28'' E, au centre de la rade de Bormes, à la Fourmigue.
Description : vapeur en fer de 52,80 m de long et 7,45 m de large. Avec une machine à deux cylindres de 125 ch, vitesse 8 noeuds.
Difficulté : aucune. Petite plongée agréable : la profondeur est acceptable, une zone abritée de mouillage, les courants ne sont pas forts, l'eau est limpide.
La plongée
Au départ du rivage, le plongeur trouvera successivement plusieurs plateformes. La première, à - 2 ou - 3 m est nue. La seconde, vers - 10 m est couverte de débris et on peut y observer la chaudière du vapeur qui commence à s'entrouvrir. Au sol, des briquettes et du charbon. Ensuite, le fond se présente sous un aspect plus chaotique et, de - 20 à - 25 m, le plus gros des vestiges s'est rassemblé.
Le navire conserve une proue encore en forme, couchée sur bâbord, chaumards en place avec un gros cabestan central. Le bois du pont a disparu, laissant les barrots à nu. Vers le centre, et puis encore, vers l'arrière, plus rien n'est reconnaissable : les tôles gisent en désordre, mêlées aux blocs du rocher. Au-delà, apparaissent des formations coralliennes, et, plus bas, l'herbier à posidonies recouvre tout.
D'autres débris métalliques, presque concassés sous l'action de la mer, gisent près du rivage sud-est de la Fourmigue. Ce sont ceux du Général Paoli, coulé le 19 août 1881.
Histoire du Spahis
Lancé en 1864 à la Seyne, le Spahis a appartenu, successivement à la Cie de Navigation Mixte jusqu'en 1874, puis à la Cie Fraissinet jusqu'en 1883, enfin à la Cie Morelli.
Naufrage du Spahis
Le 9 octobre 1887, avec 20 hommes d'équipage et 80 passagers, le Spahis, aveuglé par l'orage, dans une nuit noire, se jette sur la Fourmigue.
L'avant s'enfonce aussitôt, et seule la poupe émerge. Quelques passagers sont noyés à l'intérieur du bateau, d'autres périssent en essayant d'atteindre l'îlot. Les survivants devront attendre le jour pour que des secours parviennent du Lavandou, d'où plusieurs barques de pêche rallient les lieux du sinistre. Une vingtaine de passagers, environ, auront péri. La plupart étaient des italiens et des corses venus chercher du travail à Marseille.
Le dévouement des pêcheurs et les soins empressés des habitants leur attireront la reconnaissance du consul d'Italie, déplacé pour la circonstance.