Le Prosper Schiaffino dit le DONATOR
Réalisé avec l'ouvrage : Portraits d'épaves, éditions Océans, de JP Joncheray & U Brunner
Profondeur
: de - 48 m sur le sable
à - 51 m en passant sous l'hélice.
Coordonnées : 42° 59' 56'' N, 06° 16' 40'' E, à 1 200 m du petit Sarranier, juste à côté de l'épave du Sagona dit "Le Grec".
Description : Cargo de 78,30 m de long, 12 m de large, avec ses machines de 1 800 ch le Donator atteignait 15 noeuds. Ce fruitier avait été transformé en navire-citerne pour le transport du vin en vrac.
Difficultés : épave profonde avec souvent un courant fort. Si le plongeur ne remonte pas à son bout de mouillage, il fera ses paliers à la dérive, en pleine eau, et ressortira à plusieurs mètres de son bateau.
La Plongée
Le Donator repose sur un fond de sable plat à - 48 m, droit sur sa quille, sauf sa proue qui est détachée du navire et penchée sur bâbord. Son hélice est énorme. Le château arrière porte encore une grosse barre à roue en fer et une grande hélice de rechange en fer malheureusement tombée en 2003. L'étrave est endommagée par l'explosion, le mât avant est couché ainsi que le mât arrière (ce dernier était une référence quand il était encore droit et c'est en décembre 1999 qu'il tomba suite à une tempête). Sinon le reste du navire est en bon état. Tout est facilement identifiable et exploré. Le pont supérieur à - 40 m a disparu presque partout, et les niveaux inférieurs sont accessibles - 44 m, couverts d'un bric-à-brac de vestiges divers, dans les cales, les cuves à vin sont visibles.
L'histoire du Donator
En 1931, il a était
construit aux chantiers Bergen Mak. Verksted A/S en Norvège,
le Donator est un cargo italien. En octobre 1933, il est vendu
à la Compagnie Générale d'Armements
Maritimes, filiale de la Cie Générale
Transatlantique, et devient le bananier Petite Terre. Dès
1939, il passa à la Cie Algérienne de Navigation
pour l'Afrique du Nord, ou Cie Schiaffino, dont les navires
étaient souvent baptisés du nom d'un membre de la
famille. La Petite Terre devint le Prosper Schiaffino.
Sur les vingt navires qu'elle possédait en 1939, la Cie en perdit 13 par faits de guerre : torpillages, sabordages, incendies, bombardages, mines. Le Prosper Schiaffino fut l'un des rescapés au moment de la victoire... Hélas, pour lui, la guerre n'était pas finie.
Le naufrage du Prosper Schiaffino
Le 11 octobre 1945, le cargo quitte Marseille avec 650 tonnes de légumes secs et de pommes de terre. Arrivé à Alger, il décharge, et part pour Mostaganem qu'il quitte rempli de barriques et de citernes de vin.
Pour se protéger au maximum du mistral, il fait route sur l'Espagne et longe les côtes. En vue des îles d'Hyères, il passe au sud de Porquerolles et, ayant serré un peu trop les Sarraniers, passe sur un champ de mines résiduelles mal neutralisées. Une explosion se produit à l'avant, le 10 novembre 1945 , à 13h15. La proue se détache presque du navire.
Ce dernier s'enfonce presqu'aussitôt ... L'équipage n'a pas le temps de mettre les canots de sauvetage à l'eau mais, par chance, un stock de radeaux en liège est arrimé sur le pont. Une dizaine d'entre eux est jetée à la mer et les matelots s'entassent sur trois d'entre eux. Quatre minutes plus tard, le Prosper Schiaffino sombre : l'avant d'abord, l'arrière presqu'à la verticale, faisant prise au vent, ce qui explique l'orientation sud-est de la poupe.
L'explosion a été repérée par un avion anglais. Les naufragés sont recueillis par le Chasseur 111. Un matelot a péri dans l'explosion, 2 autres sont morts avant le sauvetage. Sur les 27 survivants, 2 mourront à bord du Chasseur.